Assurance-vie · Guide pratique

Clause bénéficiaire de l’assurance-vie : bien la rédiger pour protéger vos proches

C’est la partie la plus importante d’un contrat d’assurance-vie, et pourtant la plus négligée : la clause bénéficiaire. Elle décide de qui recevra votre capital. Une clause mal rédigée peut priver un proche, ou compliquer inutilement sa situation.

Pourquoi cette clause compte autant

Le capital d’une assurance-vie est versé aux bénéficiaires que vous avez désignés, en dehors des règles habituelles de la succession. C’est ce qui en fait un outil de transmission très souple. Mais cela suppose que la clause soit claire, à jour et adaptée à votre famille.

La clause standard : simple, mais pas pour tout le monde

La clause la plus courante est : « mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers ». Elle convient à beaucoup de situations classiques.

Elle est en revanche peu adaptée dans plusieurs cas :

  • famille recomposée ou enfants de plusieurs unions ;
  • concubin ou partenaire, à protéger expressément ;
  • volonté de répartir différemment entre les bénéficiaires ;
  • volonté de protéger le conjoint tout en préservant les enfants (clause avec démembrement).

La fiscalité au décès, en résumé

Elle dépend de l’âge auquel les primes ont été versées :

  • Primes versées avant 70 ans : chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 € (tous contrats confondus), puis les sommes sont taxées à 20 % jusqu’à 700 000 € et à 31,25 % au-delà.
  • Primes versées après 70 ans : un abattement global de 30 500 € s’applique sur les primes, les gains étant exonérés. Le reste entre dans les droits de succession.
  • Le conjoint ou partenaire de PACS est exonéré.

Montants et règles en vigueur à la date de rédaction, à faire vérifier avant toute décision.

Les bonnes pratiques

  • Soyez précis : nom, prénom, date et lieu de naissance de chaque bénéficiaire.
  • Prévoyez un second rang : que se passe-t-il si un bénéficiaire décède avant vous ?
  • Attention à l’acceptation : quand un bénéficiaire accepte la clause, vous ne pouvez plus la modifier sans son accord.
  • Revoyez-la après chaque événement de vie : mariage, naissance, décès, séparation.
  • Vérifiez tous vos contrats : les abattements s’apprécient tous contrats confondus.
Un réflexe simple : relisez votre clause une fois par an, et à chaque changement dans votre famille.

Questions fréquentes

Puis-je modifier la clause bénéficiaire ?+

Oui, tant qu’aucun bénéficiaire ne l’a acceptée. Après acceptation, sa modification nécessite son accord.

Puis-je désigner une personne hors de ma famille ?+

Oui, vous êtes libre de désigner la personne de votre choix, mais la fiscalité applicable au décès peut être moins favorable selon le lien avec le bénéficiaire.

L’assurance-vie échappe-t-elle à la succession ?+

En principe, oui : le capital est versé aux bénéficiaires hors succession, sous réserve notamment de primes manifestement exagérées au regard de votre situation.

Que se passe-t-il sans clause valable ?+

Le capital peut alors revenir à la succession, avec la fiscalité correspondante. D’où l’importance de la relire régulièrement.

Pour aller plus loin

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Cet article est fourni à titre d’information générale, sur la base des règles connues à la date de mise à jour. Il ne constitue ni un conseil personnalisé ni une offre. Chaque situation demande une étude individuelle.

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