Ce qui a changé
Depuis le 1er avril 2025, les indemnités journalières de l’Assurance maladie sont calculées sur un salaire plafonné à 1,4 SMIC, contre 1,8 SMIC auparavant. Concrètement, depuis l’été 2026, l’indemnité maximale est de 42,97 euros brut par jour, quel que soit votre salaire.
Et ce montant n’est versé qu’à partir du 4e jour d’arrêt : les trois premiers jours, appelés jours de carence, ne sont en général pas indemnisés par la Sécurité sociale.
Ce que cela représente pour un cadre
Prenons un salarié cadre qui gagne 5 000 euros brut par mois. Exemple illustratif.
| Montant mensuel brut | |
|---|---|
| Salaire habituel | 5 000 € |
| Indemnités de la Sécurité sociale (30 jours × 42,97 €) | environ 1 290 € |
| Perte avant complément de l’employeur ou de la prévoyance | environ 3 710 € |
La loi oblige l’employeur, dès un an d’ancienneté, à compléter ces indemnités : 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis deux tiers pendant 30 jours, des durées qui s’allongent avec l’ancienneté. Beaucoup de conventions collectives prévoient mieux. Mais au-delà de cette période, c’est le contrat de prévoyance qui prend le relais, et ses garanties sont souvent plus limitées qu’on ne le croit.
Indépendants : la situation la plus fragile
Pour un chef d’entreprise, un artisan ou une profession libérale, les indemnités du régime obligatoire sont souvent faibles et le délai de carence peut être plus long. Et pendant l’arrêt, les charges continuent : loyer du cabinet ou du local, salariés, cotisations, crédits.
Une bonne prévoyance pour un indépendant couvre donc deux choses : le revenu personnel, et parfois les frais généraux de l’activité. Bonne nouvelle : les cotisations sont en grande partie déductibles du bénéfice imposable grâce au dispositif Madelin.
Les trois garanties à vérifier
- L’incapacité temporaire de travail : le maintien d’un revenu pendant un arrêt. Regardez le délai avant le premier versement (la « franchise ») et le niveau de revenu garanti.
- L’invalidité : une rente si vous ne pouvez plus travailler, totalement ou partiellement. Attention aux contrats qui ne versent rien en dessous d’un certain taux d’invalidité.
- Le décès : un capital ou une rente pour vos proches, notamment pour vos enfants s’ils sont encore à charge.
Les pièges les plus courants
- Penser que la prévoyance d’entreprise suffit, sans avoir vérifié ses plafonds.
- Choisir un contrat qui exclut certaines pathologies, comme le mal de dos ou les troubles psychologiques, causes très fréquentes d’arrêt.
- Ne pas mettre à jour sa couverture après une naissance, un achat immobilier ou une hausse de revenus.
Ce qu’il faut retenir
- Depuis l’été 2026, la Sécurité sociale verse au plus 42,97 euros brut par jour d’arrêt.
- Plus votre revenu est élevé, plus l’écart avec votre salaire est important.
- Les indépendants sont les plus exposés, mais peuvent déduire leurs cotisations.
