La réponse courte
- Le PER est fait pour l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant la retraite, surtout si votre tranche marginale d’imposition est de 30 % ou plus : vos versements réduisent votre impôt dès cette année.
- L’assurance-vie est faite pour l’épargne qui doit rester disponible : projets, complément de revenus, transmission à vos proches.
- Pour beaucoup de foyers, la bonne réponse est les deux, dans des proportions qui dépendent de vos impôts et de vos projets.
PER et assurance-vie : le tableau comparatif
| PER | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Objectif | Préparer la retraite | Épargner pour tout projet |
| Disponibilité | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé | Disponible à tout moment |
| À l’entrée | Versements déductibles du revenu imposable, dans un plafond | Pas d’avantage fiscal |
| À la sortie | Versements déduits imposés au barème, gains au prélèvement forfaitaire | Seuls les gains sont imposés, avec un abattement après 8 ans |
| Transmission | Possible, avec une clause bénéficiaire | Très avantageuse : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans |
| Supports | Fonds en euros, unités de compte, gestion pilotée | Fonds en euros, unités de compte, gestion pilotée |
Règles en vigueur à la date de mise à jour. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.
Exemple : 5 000 € par an pendant 15 ans
Prenons une personne de 45 ans, imposée à 30 %, qui peut mettre de côté 5 000 € par an. Exemple illustratif.
- Sur un PER, chaque versement lui fait économiser 1 500 € d’impôt, soit 22 500 € sur 15 ans, si son plafond de déduction le permet. En contrepartie, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, et le capital issu des versements sera imposé à la sortie.
- Sur une assurance-vie, elle ne gagne rien sur ses impôts aujourd’hui, mais elle peut retirer son argent à tout moment, et seuls les gains seront imposés.
Le PER est d’autant plus gagnant que sa tranche d’imposition à la retraite sera plus basse qu’aujourd’hui. Si elle reste identique, l’avantage vient surtout du placement de l’impôt économisé pendant 15 ans. Le détail du calcul est dans notre article PER et impôts : combien pouvez-vous économiser ?
Quand privilégier le PER ?
- Votre tranche marginale d’imposition est de 30 %, 41 % ou 45 %.
- Vous avez déjà une épargne de précaution disponible.
- Vos revenus vont probablement baisser à la retraite.
- Vous voulez vous imposer une discipline : l’argent placé sur le PER ne sera pas dépensé avant l’heure.
- Vous avez moins de 70 ans : depuis 2026, les versements faits après 70 ans ne sont plus déductibles (voir ce que la loi de finances 2026 a changé).
Quand privilégier l’assurance-vie ?
- Vous êtes non imposable ou imposé à 11 % : l’avantage du PER est faible, voire nul.
- Vous voulez garder votre argent disponible pour un projet : achat, études des enfants, travaux.
- Vous pensez à la transmission : l’assurance-vie reste l’outil de référence, à condition de soigner la clause bénéficiaire.
- Vous voulez profiter de la fiscalité après 8 ans, qui s’applique à chaque retrait.
Pour les bases, voir assurance-vie : comment ça marche ?
Et pourquoi pas les deux ?
Une stratégie fréquente consiste à :
- garder une épargne de précaution sur des livrets ;
- alimenter une assurance-vie pour les projets à moyen terme et la transmission ;
- verser sur un PER la part réservée à la retraite, à hauteur de votre plafond de déduction ;
- replacer l’économie d’impôt du PER sur l’assurance-vie, pour qu’elle travaille elle aussi.
